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Agent IA et nLPD : où vont vos données, et qui en répond ?
Depuis l’entrée en vigueur de la nouvelle loi sur la protection des données, une PME suisse qui confie un traitement à un outil externe reste responsable de ce qui s’y passe. Voici ce que cela implique concrètement.
Quand une PME suisse installe un agent IA, elle reste responsable du traitement au sens de la nLPD, même si le traitement est exécuté par un prestataire. Le prestataire est un sous-traitant : la relation doit être encadrée par écrit, le traitement inscrit au registre de l’entreprise, et les données limitées à ce que la finalité exige.
Concrètement, cinq points doivent être écrits avant la mise en service : quelles données sont traitées, dans quel but, où elles sont hébergées, combien de temps elles sont conservées, et qui peut y accéder. Chez SiloWeb, ce document est une annexe au contrat, pas une option.
Ce que dit la loi, sans jargon
La nouvelle loi fédérale sur la protection des données, en vigueur depuis septembre 2023, s’applique à toute entreprise suisse qui traite des données de personnes physiques — clients, prospects, candidats, employés, fournisseurs individuels. Elle repose sur quelques principes simples : traiter de bonne foi, seulement pour une finalité annoncée, avec le minimum de données nécessaires, pendant la durée nécessaire, et en sécurité.
Un agent IA ne change pas ces principes. Il déplace simplement l’endroit où le traitement s’exécute, et fait entrer un tiers dans la chaîne.
Responsable et sous-traitant : qui répond de quoi
C’est la distinction la plus utile à comprendre. L’entreprise qui décide de la finalité — « je veux trier mes candidatures » — est le responsable du traitement. Le prestataire qui exécute techniquement ce traitement pour son compte est le sous-traitant. La responsabilité vis-à-vis des personnes concernées reste chez le responsable.
Cela a une conséquence pratique que beaucoup de PME découvrent tard : si un agent traite des données d’une manière que vous n’avez pas prévue, c’est vous qui devez répondre à la personne qui pose la question. D’où l’importance de savoir exactement ce que fait l’agent — et de pouvoir le prouver.
Les cinq points à écrire avant la mise en service
- Quelles données. Nominatives ou non, sensibles ou non. Un e-mail contient presque toujours des données personnelles ; une facture fournisseur en contient parfois ; un CV en contient massivement.
- Pour quelle finalité. Formulée en une phrase compréhensible par la personne concernée, pas en termes techniques.
- Où elles sont hébergées. Le pays compte. Un transfert hors de Suisse vers un pays sans niveau de protection adéquat exige des garanties supplémentaires.
- Combien de temps. Une durée, pas « aussi longtemps que nécessaire ». Pour des candidatures non retenues, trois à six mois après clôture du poste est un usage courant.
- Qui y accède. Chez vous, chez le prestataire, et chez les fournisseurs techniques éventuels.
Le registre des traitements
Les entreprises de moins de 250 employés en sont largement dispensées, sauf lorsqu’elles traitent des données sensibles à grande échelle ou effectuent un profilage à risque élevé. En pratique, tenir un registre reste une bonne idée même quand il n’est pas obligatoire : c’est le document qui permet de répondre en dix minutes plutôt qu’en trois jours quand quelqu’un exerce son droit d’accès.
Un agent bien livré vous en fournit d’emblée la matière : la fiche de cadrage contient déjà les cinq points ci-dessus.
Le cas particulier des modèles de langage
C’est le point qui inquiète le plus, et à juste titre. Quand un agent envoie un texte à un modèle de langage pour le classer ou le résumer, ce texte quitte l’infrastructure. Trois règles de conception permettent de traiter le problème :
- Minimiser ce qui sort. Un agent qui classe un e-mail n’a pas besoin de la pièce jointe ; un agent qui trie un CV n’a pas besoin de la photo ni de la date de naissance.
- Choisir où le traitement s’exécute. Selon la sensibilité, un traitement peut être orienté vers une infrastructure européenne ou suisse, avec les garanties correspondantes, plutôt que vers le service le moins cher.
- Écarter ce qui ne doit pas être traité. Certaines catégories — santé, données judiciaires, dossiers sous secret professionnel — justifient qu’un agent soit restreint aux métadonnées, ou ne soit pas installé du tout.
Ce que SiloWeb livre sur ce point
Chaque agent est accompagné d’un cadrage écrit qui documente les cinq points, d’un hébergement en Suisse chez Infomaniak pour l’agent et ses données de travail, d’un principe d’accès minimal — l’agent ne reçoit que les droits nécessaires à sa tâche, révocables en un clic depuis vos propres comptes —, et d’un journal de chaque exécution. Ce n’est pas un argument commercial : c’est le minimum qui rend un agent défendable devant une question.
Ce guide décrit une pratique et ne constitue pas un avis juridique. Pour une situation particulière — données de santé, secret professionnel, transferts internationaux réguliers —, l’avis d’un juriste spécialisé reste nécessaire.
Page publiée le 27 août 2026 · relue et mise à jour chaque trimestre.
Questions fréquentes
01 Un agent IA est-il autorisé par la nLPD ?
Oui. La loi n’interdit pas l’automatisation ; elle encadre le traitement des données personnelles, quel que soit l’outil. Ce qui est exigé, c’est la transparence sur la finalité, la limitation aux données nécessaires, une durée de conservation définie, la sécurité, et un encadrement écrit de la relation avec le sous-traitant.
02 Dois-je informer mes clients qu’un agent traite leurs messages ?
Votre politique de confidentialité doit décrire les finalités et les catégories de destinataires des données. Ajouter une ligne sur le recours à un prestataire technique pour le traitement de la correspondance est la pratique prudente. Il n’est pas exigé de nommer la technologie utilisée.
03 Mes données peuvent-elles sortir de Suisse ?
L’agent et ses données de travail sont hébergés en Suisse. Selon la conception, certains traitements de langage peuvent s’exécuter ailleurs : c’est précisément ce que le cadrage doit indiquer noir sur blanc, avec la possibilité de restreindre ou d’exclure ces traitements pour les données sensibles.
04 Que se passe-t-il si un candidat demande la suppression de son dossier ?
Vous exercez son droit et l’agent applique la suppression sur les copies qu’il détient, dans la durée fixée au cadrage. C’est l’une des raisons pour lesquelles la durée de conservation est définie dès le départ plutôt que laissée ouverte : une donnée qu’on ne sait pas retrouver est une donnée qu’on ne sait pas effacer.
05 Faut-il une analyse d’impact ?
Elle est requise lorsqu’un traitement présente un risque élevé pour la personnalité ou les droits fondamentaux — profilage à risque élevé, traitement de données sensibles à grande échelle. Un agent de saisie de factures n’en relève pas ; un agent qui évaluerait des personnes à grande échelle, oui. La question se tranche au cadrage.
Une question qui n’est pas dans ce guide ?
Décrivez votre situation en trois lignes. La réponse arrive sous deux jours ouvrables, en français, par la personne qui construirait l’agent.